Confrontée à une situation économique chaotique, la Sierra Léone semble vouée à un avenir très sombre si l'indifférence internationale persiste à son égard.
La situation du pays ne s'est pas améliorée, ou si peu. Aujourd'hui, 70 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 2 111 léones par jour (0,75 euros). La majeure partie de la population, particulièrement dans les zones rurales, manque cruellement d'eau potable et d'électricité. Les services les plus essentiels ne sont pas assurés. 250 000 personnes sont encore dépendantes de l'aide alimentaire. En avril 2005, le Programme alimentaire mondial a dû abaisser les rations alimentaires pour les réfugiés de 2 000 à 1 600 calories, en raison d'un nombre de bénéficiaires supérieur aux prévisions et d'un manque de financement.
Plus de 80 % de la population pauvre vit dans les zones rurales, où elle est très majoritairement employée dans l'agriculture traditionnelle et l'exploitation minière. L'agriculture forme l'ossature de l'économie et le riz, le café, le cacao, le palmiste et le manioc sont les cultures principales. Les rendements agricoles sont faibles et la riziculture, par exemple, ne permet d'atteindre que 60% d'autosuffisance.
L'exploitation minière constitue la plus grande partie des recettes d'exportation du pays. La Sierra Leone possède les plus grands gisements de rutile (1) du monde et ses principales ressources naturelles sont les diamants, le minerai de titane, la bauxite, le minerai de fer, l'or et la chromite... Tout avance trop lentement dans le rétablissement économique du pays. La compagnie d'extraction du rutile, Sierra Rutile Limited, était la première source de devises et le premier employeur du pays en 1995, avant la cessation de ses activités à cause des attaques des rebelles. Elle n'a pu redémarrer qu'en 2005.
Pillage et corruption
L'aide internationale n'est pas absente. D'après la Banque mondiale, elle s'est élevée à 630 millions de dollars entre 2003 et 2005. Elle devrait passer de 210 millions de dollars par an (2004) à 270 millions, sur la période 2005-2007. Mais elle s'oriente majoritairement vers le soutien à l'activité économique. Très peu de choses sont faites pour les victimes de la guerre. Rien n'est fait pour les personnes handicapées, qui sont comme trop souvent les grandes oubliées des dispositifs d'assistance.
La guerre, le pillage et la corruption ont fait considérablement régresser ce pays plein de promesses ; ils ont empêché le développement économique, interdit une distribution équitable des richesses et privé la population d'une amélioration de ses conditions de vie. La Sierra Leone est toujours le deuxième pays le plus pauvre du monde. L'ampleur des problèmes de La Sierra Leone et leur éloignement semblent nous sidérer. Le monde est rapidement passé de l'apitoiement à l'indifférence. Ce que la guerre et les atrocités ont fait, l'attitude actuelle de la communauté internationale est en train de le prolonger. Plus de la moitié de la population a moins de 15 ans. Quel avenir, quel espoir pour tous ces jeunes ? Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, on ne saurait envisager avec trop d'optimisme l'avenir de la Sierra Leone si rien ne change.
(1) Minerai de titane, métal utilisé dans les secteurs aéronautique, énergétique et militaire.
Une espérance de vie très limitée
La Sierra Léone accumule les statistiques alarmantes, avec plus de 70 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, et une espérance de vie qui ne dépasse pas 38 ans.
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