
Aujourd'hui, la Sierra Leone, pays d'Afrique de l'Ouest traumatisé par une longue guerre civile, ne suscite plus qu'indifférence. Les images effroyables des amputations, des viols, des tortures hantent les esprits. Tandis que la pauvreté et le manque de soins empêchent le retour à une vie normale.
En 2006, qui pense à ce petit pays de 5,4 millions d'habitants ? Qui se souvient de ce qu'il a subi entre 1991 et 2002 ? Des 75 000 morts et des 20 000 personnes mutilées ? La Sierra Leone fait partie des « dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler », selon les Nations unies. Car, là-bas, la proportion d'enfants qui meurent avant l'âge de 5 ans est la plus forte de toute la planète. Là-bas, le taux de mortalité maternelle bat tous les records. Là-bas, l'espérance de vie est inférieure à 40 ans. Et le « pays des amputés », comme on l'avait surnommé, arrive en avant-dernière position dans le classement de l'indice de développement humain de l'ONU.
80 % des infrastructures détruites
Certes, les médias ont relaté les atrocités ou le phénomène des enfants-soldats... Un temps... Mais le monde est rapidement passé de l'apitoiement à l'indifférence. Présente dans le pays depuis 1996, Handicap International a, dès le début, ouvert des ateliers de prothèses, mis en place un programme de réadaptation physique et une prise en charge psychologique : pour faire face au traumatisme et apprendre à vivre avec son handicap. Peu après le retour à la paix, en 2002, nombre d'ONG ont commencé à se désengager. Pourtant, ce pays ne peut s'en sortir seul. Ses infrastructures ont été détruites à 80 % et son administration est désorganisée. Dans tout le pays, il n'y a qu'un psychiatre et trois kinésithérapeutes locaux. Aujourd'hui, faute de moyens, nous pourrions être contraints de réduire nos activités. Sans aide, La Sierra Leone se retrouve face à un risque réel : que l'aggravation de la situation actuelle ne réveille les tensions internes.
Les derniers réfugiés rapatriés en 2004
Handicap International est intervenue dans des camps en Guinée pour venir en aide aux réfugiés sierra-léonais.
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