
Anciens rebelles au camp de réintégration de Port-Loko, 2003.
Toute guerre brise les liens familiaux et communautaires, mais la violence de la guerre en Sierra Leone a poussé plus loin le processus. Les communautés ont été complètement dévastées quand leurs enfants ont été violés, forcés à prendre les armes, contraints de commettre des atrocités. La formation des enfants soldats forgeait l'unité du groupe en anéantissant des liens familiaux ; le nouvel esprit de corps se traduisait par un respect aveugle du commandement. Les enfants officiers ont eu des adultes sous leurs ordres ou à leur merci, bouleversant les liens conventionnels entre générations. Le pire a été atteint quand les enfants, pour être acceptés dans leur groupe, devaient tuer des camarades ou des victimes civiles innocentes. Certains ont même été forcés à assister et à participer à des séances de cannibalisme, parfois à manger les cadavres de membres de leur famille. Les séquelles psychologiques sont inimaginables. Comment revenir à une vie normale après cela ?
La violence en héritage
La réintégration des enfants ex-combattants au sein de leurs familles et de leurs communautés est d'autant plus difficile que les rapports entre les personnes sont aujourd'hui marqués par une violence latente. L'équipe de soutien psychologique de Handicap International a observé que l'agressivité semblait beaucoup plus forte qu'avant la guerre. Les viols, la violence conjugale, la maltraitance des enfants par les adultes sont des phénomènes très répandus dans les communautés, et des conflits autrefois anodins peuvent rapidement dégénérer.
“Je l'ai tué. J'étais si fier. J'étais un rebelle.”
Un ancien enfant soldat raconte son intégration dans un groupe. Témoignage d'une jeune fille, devenue esclave sexuelle.
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