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Les actions de soutien psychologique

La prise en compte de l'impact psychique de la guerre sur les survivants, particulièrement les enfants, est le deuxième grand volet d'intervention de Handicap International en Sierra Leone. Ce travail sur la souffrance psychologique en Sierra Leone et dans les camps de réfugiés à la frontière guinéenne s'est inscrit dans la continuité d'un engagement pris en ex-Yougoslavie, en Algérie, et au Rwanda. En septembre 2003, la Commission vérité et réconciliation (TRC) a demandé à Handicap International d'écrire un rapport sur les conséquences psychologiques du conflit en Sierra Leone.

L'action de Handicap International auprès des "survivants de la violence"(1)

Plusieurs enfants dessinant autour d'une table.
(c) J-P Porcher pour Handicap International

Cette activité a démarré à l'est de  La Sierra Leone, à Bo et à Kenema, en 1996-1997. Au tournant de 2000, un partenariat y a été développé avec deux institutions accueillant des enfants orphelins victimes de la guerre. Handicap International est également intervenue dans les camps de réfugiés sierra-léonais en Guinée, à la fin des années 1990. Mais les activités de soutien psychologique ont été particulièrement développées dans la capitale sierra-léonaise.
Quand, à la demande de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Handicap International a débuté son activité de réadaptation physique à Freetown en 1998, des animateurs sierra-léonais ont été recrutés pour organiser différents niveaux de soins psychologiques dans le camp de Waterloo : d'une part des ateliers d'expression pour les enfants ; d'autre part des groupes thérapeutiques plus restreints pour les enfants et les adolescents les plus en difficulté. Les animateurs de l'association participaient également au processus d'appareillage et de rééducation, pour aider les personnes amputées à accepter leur nouvelle situation et les soins nécessaires. Les conjoints de certains patients amputés ont également bénéficié d'un suivi.

Les conséquences du traumatisme psychologique
Suite à l'invasion de la capitale par les rebelles, début 1999, l'équipe de soutien psychologique de l'association a maintenu le suivi des patients dans le camp de Waterloo, tout en intégrant de nouvelles personnes traumatisées par les événements survenus à Freetown. Face à l'ampleur des besoins, l'effectif a été renforcé et de nouveaux espaces thérapeutiques ont été créés. Des ateliers d'expression ont été organisés pour l'ensemble des enfants du camp de Murray Town. Une consultation a été ouverte pour des personnes extérieures au camp et référencées par d'autres associations.
A la demande de l'UNICEF, le suivi psychologique des enfants ex-soldats a démarré en juin 1999, dans le centre de transit de Lakka, où ils séjournaient avant leur réintégration dans leurs familles et leurs communautés. En 2001, l'activité a été étendue au camp de Grafton, dans la péninsule de Freetown, où les personnes blessées non amputées avaient été déplacées.
La terrible année 1999 a amené Handicap International à mieux repérer et analyser les manifestations et les conséquences du traumatisme psychologique subi par la population. Elle l'a aussi conduit à mieux prendre en compte les répercussions de ce traumatisme sur son propre personnel soignant : les difficultés rencontrées par ce dernier dans l'exercice de son travail et les effets de la violence sur l'ensemble de l'équipe. Les orthoprothésistes et les assistants rééducateurs sierra-léonais de l'association ont été formés aux effets du traumatisme psychologique. Des dispositifs de soutien ont été imaginés, notamment des groupes de paroles pour les aides rééducateurs, les orthoprothésistes et les personnes travaillant auprès des enfants.

(1)Terme employé par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)

 

 

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