
Quand on évoque la Sierra Leone, les 5 000 personnes amputées des membres supérieurs viennent rapidement à l'esprit. Elles sont les victimes emblématiques d'une des guerres les plus atroces de l'histoire récente. Dans cet enfer, plus de 75 000 personnes sont mortes, 20 000 personnes au total ont été mutilées, 2 millions de personnes ont été déplacées ou réfugiées et 80% des infrastructures ont été détruites.
En septembre 2005, l'Association des amputés et des blessés de guerre de Sierra Leone a demandé au gouvernement une pension mensuelle, à titre de compensation, conformément aux recommandations de la Commission « Vérité et réconciliation » mise en place après la guerre. La pension a été refusée, cepdendant, il est prévu que ces victimes de la barbarie aient un accès gratuit aux soins. Mais en Sierra Leone, la promesse de soins gratuits ne vaut pas grand-chose.
Le plus fort taux de mortalité maternelle du monde
Le système de santé sierra-léonais produit le plus fort taux de mortalité des moins de 5 ans et le plus fort taux de mortalité maternelle du monde. Peu de gens ont la chance ou les moyens financiers de pouvoir simplement se rendre dans un centre de soins. L'état des routes est désastreux : seul un dixième du réseau routier est pavé, et les diluviennes pluies estivales le détériorent chaque année. Si toutefois on peut se déplacer, on doit faire face au manque de structures de santé, de personnel médical, de matériel et de médicaments.