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Faute de structures de santé fiables Handicap International va à la rencontre des personnes handicapées les plus isolées.

En 2006, Handicap International vient toujours en aide aux victimes de guerre, amputées et mutilées, ainsi qu'aux personnes atteintes d'autres handicaps physiques. Elle assure des services de kinésithérapie et d'ergothérapie, gère les centres de réadaptation physique de Freetown, Bo et Kailahun. Elle a engagé un partenariat avec le ministère de la Santé, pour l'amélioration de la prise en charge du handicap physique. Enfin, Handicap International apporte son soutien aux associations locales de personnes handicapées.

Différents facteurs ont amené à redéfinir les stratégies d'action : le retour des victimes de la guerre dans leurs régions d'origine ; l'absence d'amélioration de la situation socio-économique, qui n'a pas permis un transfert des services aux autorités ; le désengagement des acteurs internationaux. Imaginer agir à l'intérieur du pays à partir de Freetown n'est pas réaliste. Jusqu'à l'année dernière, les organisations humanitaires pouvaient se rendre jusqu'à Bo en empruntant le service d'hélicoptère des Nations unies. Depuis décembre, les Nations unies se sont retirées, et il faut faire la route en voiture. L'état des infrastructures est toujours aussi déplorable. Pendant la saison des pluies (de juin à septembre), un véhicule tout terrain peut mettre jusqu'à dix heures pour aller de Freetown à Kailahun (trois heures et demie suffisent en saison sèche).

Approche communautaire à Koidu et Kailahun

En 2003, à l'est du pays, des équipes mobiles de Handicap International ont commencé à mener des actions de proximité auprès des communautés reculées ; elles rayonnent autour de ses services de réadaptation de Koidu (au cœur de la principale zone diamantifère de Sierra Leone) et de Kailahun. Les kinésithérapeutes de l'association effectuent des visites régulières dans quatre projets de réadaptation pour superviser sept aides rééducateurs et huit travailleurs communautaires. Ces derniers identifient les personnes handicapées isolées, assurent des soins de réadaptation élémentaire et réfèrent les patients à la structure de soins la plus proche. Les cas les plus sérieux sont transférés dans la capitale, grâce au concours d'autres ONG.

Un groupe de villageois assiste à une séance de réadaptation
© L. Brouxel / Handicap International

Une séance de réadaptation organisée dans un village.

Former des professionnels sierra-léonais

Comme dans le cas de la construction du nouveau centre de réadaptation de Bo, chaque nouveau projet est pensé pour pouvoir durer. Il doit pouvoir fonctionner même si Handicap International devait se retirer, faute de financement pour ses actions en Sierra Leone. Et quelle action à plus long terme que l'investissement dans la formation ? Outre la formation continue qu'elle assure à son équipe, Handicap International a été en 2005 la seule organisation à former des professionnels sierra-léonais de l'appareillage.
Quatre Sierra-Léonais ont pu étudier au Centre de formation des techniciens orthopédiques de Tanzanie (TATCOT). L'objectif est qu'à terme, ils reprennent à leur compte la gestion du Centre national d'appareillage de Freetown. Deux autres personnes suivent un cursus de réadaptation physique au Centre kenyan de formation médicale (KMTC), à Nairobi, et devraient rejoindre les équipes de Freetown et de Bo en août 2007. Trois autres personnes suivent une formation d'un an sur la technologie des fauteuils roulants, afin d'ouvrir des ateliers de fabrication à l'été 2006.

Un homme fabrique une prothèse
© P. Vermeulen / Handicap International

Fabrication d'une prothèse de bras.

Handicap International a soutenu la création de l'Association sierra-léonaise des thérapeutes en réadaptation (SLART), dont l'objectif est de promouvoir l'importance des soins de réadaptation dans le pays et d'accélérer la reconnaissance de la profession. Handicap International travaille également depuis plus de deux ans pour la reconnaissance des métiers de la réadaptation par le gouvernement. Tout cela dans le but qu'à l'avenir, ces techniciens et thérapeutes soient intégrés et reconnus au sein des services publics de santé du pays.

 

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