Baptisée la "Suisse d'Afrique de l'Ouest" en raison de ses richesses et du développement de ses infrastructures, la Sierra Leone a sombré dans l'instabilité politique avant de basculer dans une guerre civile destructice.
Le territoire actuel de la Sierra Leone est habité par différentes ethnies (Mendé, Temné, Sherbro-Buloma, Fullah...), quand au XVe siècle, un explorateur portugais baptise la péninsule occidentale du nom de « montagne du lion ».
A la fin du XVIIIe siècle, des esclaves affranchis, souvent d'anciens soldats de l'armée britannique, sont installés sur le site qui deviendra Freetown. Ces nouveaux venus forment le groupe des Krios, parlant un langage créole spécifique, qui est toujours la langue la plus parlée aujourd'hui. Ils sont principalement chrétiens, éduqués et jouent un rôle important dans l'administration des colonies britanniques en Afrique de l'Ouest à la fin du XIXe siècle (en qualité de fonctionnaires au Nigeria et au Cameroun). A la même époque, la Sierra Leone devient un protectorat britannique et connaît un développement économique et culturel important. Quand la Sierra Leone obtient son indépendance en 1961, il est l'un des plus riches d'Afrique de l'Ouest. La pêche, la culture d'un riz de haute qualité (permettant l'autosuffisance et des exportations), l'extraction de diamants, d'or, de fer ou de rutile, deux universités prestigieuses et des infrastructures avancées lui valent le surnom de « Suisse d'Afrique de l'Ouest ». Mais la période qui s'ouvre est rapidement marquée par l'instabilité politique, les luttes de pouvoir, les coups d'Etats et la corruption. Trente ans de mauvaise gouvernance et de prévarications abaissent la Sierra Leone au rang d'un des pays des plus pauvres au monde.
1991 – 2001 la guerre civile de Sierra Leone : une des guerres les plus atroces de l'histoire récente
A la fin des années 1980, la crise que connaît le Liberia voisin entraîne un processus de déstabilisation qui commence à la frontière entre les deux pays. Dès 1990, une dissidence armée, le Front uni révolutionnaire (RUF) naît près de la frontière libérienne, avec l'appui du futur président libérien Charles Taylor. Ce groupe rebelle et son chef Foday Sankoh déclenchent une guerre civile en mars 1991. Cette guerre au Sierra Leone est complexe et ses acteurs multiples. Elle a opposé non seulement l'Etat aux rebelles, mais des gangs armés ou encore des groupes de défense de la population, les Kamajors, interviennent aussi, s'adonnant eux-mêmes au pillage et au crime. La guerre civile se durcit encore quand le gouvernement fait appel au Liberia, au Nigeria et à, puis à des mercenaires. Au terme de dix ans de guerre civile, le bilan était particulièrement lourd en Sierra Leone : plus de 75 000 morts, 20 000 personnes mutilées dont 5 000 au niveau des membres supérieurs. Plus de 2 millions de personnes ont été déplacées, 5 000 enfants manipulés et souvent drogués ont été transformés en soldats. Les violences ont été extrêmes et les exactions contre la population civile atroces : amputations, lacérations et viols ont caractérisé cette véritable guerre de prédation. Ce n'est qu'en octobre 1999 que les Nations unies interviennent et permettent de mettre fin à la guerre civile en Sierra Leone. Celle-ci s'achève officiellement le 18 janvier 2002. Pour juger des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, le Conseil de sécurité de l'ONU crée le Tribunal spécial pour la Sierra Leone. La réélection avec près de 70% des voix du président Kabbah le 14 mai 2002 et les élections législatives remportées par le parti du président confortent le retour à la stabilité dans un pays détruit. Courant 2004, les élections des représentants de district finalisent cette remise en place des institutions politiques et administratives. La force des Nations unies (MINUSIL), qui aura compté jusqu'à 17 500 hommes, se retire définitivement en décembre 2005.
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